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fin du travail,
environnement en vrac,
surveillance généralisée...
où nous emmène le capitalisme ?


Un autre monde est (im)possible...
imaginons-le !

Info du 13 11 2019 : le blog findutravail.net n'a pas survécu à ce qui était certainement une attaque wordpress. Malgré mes efforts, il ne m'a pas été possible de le remettre sur pied. Dès que j'aurai un peu de temps, je remettrai en ligne quelque chose de plus sécurisé.



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La fin du travail (P Jorion)
Les jobs à la con (D. Graebber)
Mutations de l'emploi (Scarpetta, ocde)
Mon article (test)

La fin du travail humain succède peu à peu à la fin du travail animal. Faut-il lutter contre ?

La fin du travail humain succède peu à peu à la fin du travail animal....Robots...logiciels....intelligence artificielle...les emplois humains vont disparaître par millions, au bénéfice des détenteurs de capitaux qui financent ces technologies, et des firmes qui les développent. Impuissants devant l'émergence de cet 'APARTHEID SOCIAL', les peuples réagissent en cherchant des BOUCS EMISSAIRES.

Ce ne sont plus tellement les juifs, un "bouc émissaire" déjà usé jusqu'à la corde. D'autres 'têtes de turc' ont pris le relais :

  • Les banquiers et les financiers, qui s'en mettent plein les poches...c'est leur faute !
  • Les migrants de tous pays, qui viennent chercher du travail dans les pays riches... c'est leur faute !
  • Les braconniers orpailleurs sauvages, tueurs de rhinocéros, abatteurs de forêts...c'est leur faute !
  • les mangeurs de viande, les voyageurs en avion, les rouleurs en SUV, les surconsommateurs...c'est de leur faute !
  • Les fonctionnaires ou agents de la SNCF paresseux ou absentéistes ... c'est de leur faute !
  • Les chômeurs qui profitent des allocations, ou les fraudeurs à la Sécurité Sociale...c'est leur faute !
  • Les jeunes qui ne veulent plus rien faire, qui ne pensent qu'à jouer aux jeux vidéo et à se droguer...c'est leur faute !
  • Les délinquants trafiquants de drogue et de cigarettes, qui se tirent dessus et ne respectent pas les policiers...c'est leur faute !
  • Les algériens, les marocains, les mexicains, les philipins, les chinois, les vietnamiens, les polonais... c'est leur faute !
  • Les mécréants, qui s'opposent au port du voile... c'est leur faute !
  • Les gais, les lesbiennes, les travestis ... c'est leur faute !
  • Les journalistes qui ne nous disent pas tout, qui cachent la vérité...c'est leur faute !
  • Les députés européens corrompus et à la solde des banques et des lobbies...c'est leur faute !...etc

On le constate, les boucs émissaires sont maintenant tous azimuths et chacun a le sien, ce qui montre que quelque chose échappe à l'opinion, à qui il manque une EXPLICATION GLOBALE.
LA FIN DU TRAVAIL donne à elle-seule cette EXPLICATION GLOBALE. Voici quelques observations pour aider à le comprendre :

  • Les capitaux s'investissent dans ce qui est rentable. La délocalisation ou le remplacement du travail humain par des machines est rentable. (explique le chômage structurel en hausse, "l'ubérisation" du travail).
  • Les gens exposés à la disparition du travail se défendent quand ils le peuvent, tandis que les autres sont impuissants (explique les grèves, et la contestation des grèves par ceux qui ont perdu tout moyen de pression)
  • Le travail salarié est devenu rare, et il se trouve principalement dans les pays où on peut le payer (explique l'immigration économique naissante vers les pays plus riches)
  • L'argent public subventionne massivement l'activité, avec l'espoir de créer des emplois (explique le déficit public, le manque d'argent pour les services publics)
  • Les capitaux sont surrabondants, et ils s'investissent de moins en moins dans l'économie réelle. (témoigne de la concentration l'activité, de la réduction des marges, et de l'absence de perspective de bénéfices dans l'économie réelle)
  • Le régime de retraite peine à s'équilibrer (s'explique par le manque d'actifs cotisants, dans la population active, et l'extension des petits boulots indépendants trop peu rémunérateurs)
  • La médecine du travail enregistre de plus en plus de "burn out" (témoigne d'une tension accrue au travail, et de ses conséquences médicales)
  • Les périodes de chômage croissent avec l'extension du travail précaire (explique les difficultés de l'assurance chômage).
  • Les pauvres n'attendent pas sagement de mourrir la bouche ouverte dans un dénuement total (explique l'économie parallèle, la délinquance, les gangs, les traffics)
  • La publicité associée aux moyens de communication de masse dénature et asservit notre environnement culturel (explique la dégradation culturelle, et la parole scientifique peu audible)
  • Les états pauvres ou appauvris, peinent de plus en plus à financer les services publics (explique le désengagement de l'Etat, et la vente des "bijoux de famille")

Reste à imaginer quelque chose de NOUVEAU. C'est RISQUÉ, MAIS AVONS-NOUS LE CHOIX ?

De bonnes écoles, de bons hôpitaux, de bonnes infrastructures, de bons réseaux, de bons systèmes pour traiter les déchets....De tout cela, l'Inde par exemple en a bien moins, et on sait les problèmes que ça lui pose. Ces services publics, ces infrastructures, elles nous sont acquises, et elles TÉMOIGNENT DE NOTRE NIVEAU DE DÉVELOPPEMENT. Or si le travail humain doit disparaître(0), et si le marché persiste à demander des aides en échange de l'activité, nous serons contraints d'y renoncer. Ne faudrait-il pas alors remettre immédiatement en question l'aide aux entreprises ? 140 milliards d'euros chaque année, sont consacrés à l'aide aux entreprises(1). Ce montant équivaut à plus de 10% de toutes les dépenses publiques dans notre pays, Sécurité Sociale comprise !(3). Si on distribuait cette somme aux 66 millions d'habitants, cela représenterait un montant de plus de 2000 euros par personne et par an !, 8000 euros pour une famille de 4 personnes, de quoi se loger, et peut-être de se nourrir, pour les plus appauvris !

Ce montant de l'aide aux entreprises en dit long sur la mutation en cours. NOUS VOULONS TRAVAILLER ET NOUS AIDONS LE MARCHÉ POUR CELA, mais le marché obéissant à la recherche du profit CHERCHE LE CONTRAIRE et octroie ce qu'il reste d'activité (et le peu de travail humain qui va avec) au plus offrant ! Voila la tragique situation dans laquelle nous sommes ! Est-il utile de mentionner, que l'ENVIRONNEMENT ne comptera jamais pour rien dans ce jeu ?

ET SI, AU LIEU DE RECHERCHER L'ACTIVITE ET LA CROISSANCE, ON SE RESIGNAIT A LA DISPARITION DU TRAVAIL HUMAIN ? ORGANISER NOTRE SORTIE DE L'HOMME DU JEU, PLUTÔT QUE DE VOULOIR NOUS Y MAINTENIR A TOUT PRIX ?

Nous aurions des bénéfices certains à en retirer. Nous pourrions par exemple renoncer à la publicité. On a l'impression que personne ne la paie, mais c'est une erreur ! nous la payons, exactement comme nous payons la tva, puisque ce sont plus de 20 milliards d'euros par an ajoutés aux montants de nos achats qui la financent, soit plus de 300 euros par personne et par an ! Si on ramène cela au 66 millions de la population, 1200 euros par an pour une famille de 4 ! ET SANS QUE CELA NOUS APPORTE QUOI QUE CE SOIT. Que perdrions nous à y renoncer ? (rien, en dehors peut-être de l'hyper-financement du "sport business") A quoi peut bien servir l'organisation de la frustration, ou l'encouragement à consommer ? Nous n'en retirons aucun bénéfices sociaux !

Le budget de la formation pourrait aussi être économisé. Si c'est à l'Etat d'organiser l'école, et de prélever dans l'économie des moyens pour cela, il n'a pas vocation à organiser la formation pour coller aux besoins des entreprises, dont les moyens de formation spécifiques sont en constantes évolution. Chaque année, ce sont 13 milliards qui sont consacrées aux formations de "pôle emploi", censées rendre les chômeurs "employables". Avec un dixième ce ce budget, on pourrait recruter des fonctionnaires spécialisés en Intelligence artificielle, pour lutter efficacement contre l'évasion fiscale.

Faisons les comptes : aide aux entreprises (140/an) + évasion fiscale (80/an) + publicité (20/an) + formations pôle emploi (13/an) = 253 milliards par an. (20 milliards de plus, et on atteint le PIB de 1973). Largement de quoi assurer logement, nourriture, et soins pour chaque habitant de ce pays. Et ce ne sont que les bénéfices DIRECTS, il y a aussi des bénéfices INDIRECTS, découlant de cette idée de "lâcher l'affaire" : moins de police, moins de surveilance, moins de maladies, moins d'activité, moins de routes, moins d'infrastructures, moins d'énergie, moins de crime, moins de prostitution, moins de traffic, moins d'aliénation, moins de divorces, moins de gens à la rue, moins d'emplois public bidon, moins de viols, moins de terrorisme, moins de surveillance...etc.

La question mérite au moins d'être posée...

(0) 50% des emplois d'aujourd'hui seront impactés en 2040, selon S. Scarpetta de l'OCDE (France Inter, 4 mai 2019).
(1) chiffre donné par Gerald Darmanin (actuel ministre du budget) dans cet article du Monde le 23 mai 2018.
(2) Total de dépenses publiques : 1300 milliards en 2017 (source : INSEE).

V. Rey, findutravail.net